Problème de satiété

En ce qui concerne les boulimiques, la question ne se limite pas à ce double aspect de la faim et de l’appétit, qui se trouve chez eux largement dépassé, comme nous aurons l’occasion de le souligner.
Un autre problème est celui de la satiété. Comment expliquer ce qui conduit une personne à s’arrêter de manger ?
Le fait-elle parce qu’elle n’a plus faim ? C’est souvent le cas, tout se passant comme si l’organisme respectait une sorte de déclic interne.

Le fait-elle simplement parce que la portion offerte est terminée ou parce que le temps imparti au repas est écoulé ? Il peut arriver qu’il s’agisse d’une discipline, mais on ne peut alors parler de satiété. En pratique, reconnaissons que beaucoup continuent de manger sans faim réelle, tant que la nourriture leur est présentée.
En certaines circonstances, l’appétit momentanément éteint se ranime, comme on peut l’observer lors des banquets qui se prolongent, ou à la faveur d’artifices comme le « trou normand » (absorptiori d’alcool au milieu du repas) qui permettent de profiter surabondamment du festin.

L’abus de nourriture ou la précipitation dans la voracité peut engendrer divers malaises : réplétion (sentiment d’un organe rempli), vomissements. C’est ce que connaissent souvent les véritables boulimiques qui ne s’arrêtent que lorsqu’ils « n’en peuvent plus ». Sans aller jusqu’à ces extrêmes, tous avouent qu’ils se sentent furieux et mécontents de n’avoir pas pu ou su s’arrêter à temps.

Ces considérations ne sont pas sans intérêt pratique ; nous y reviendrons lorsque nous envisagerons l’aspect thérapeutique de la question. Elles peuvent expliquer en particulier les bons résultats de certains traitements comportementalistes, ainsi que les succès obtenus avec les « contrats de cure » ou contrats repas : les repas sont composés, mesurés, livrés, sans laisser place à une sollicitation prolongée qui ne peut qu’angoisser le boulimique.

oui je veux guérir de la boulimie