L’hyperphagie face à certains aliments

Les fruits sont un don de la nature, offerts à qui veut les cueillir. Ils symbolisent l’abondance, la gratuité.
Ils sont aussi la récompense de l’effort : « récolter les fruits de son labeur », « faire un travail qui porte ses fruits ».
Les fruits sont également le symbole de la fécondité : Jésus est le « fruit » des entrailles de la Vierge Marie.
C’est aussi un signe de reconnaissance pour savoir à qui l’on a affaire : « on reconnaît un arbre à ses fruits ».
Il y a enfin « le fruit défendu », symbole depuis Adam et Eve des désirs interdits et d’autant plus convoités mais curieusement les fruits sont rarement cités par les boulimiques qui préfèrent se gaver de gâteaux ou de chocolat.

Les fruits, par leur teneur importante en eau, procurent moins rapidement une sensation de rassasiement, par ailleurs ils ont moins souvent été donnés au jeune enfant, à qui l’on promet plus facilement pour le faire tenir tranquille des bonbons ou des biscuits : c’est peut-être pour ces deux motifs que les boulimiques dédaignent les fruits qui ne les « remplissent » pas et ne leur évoquent pas leur première enfance.

Le miel, le sucre, les confiseries peuvent se conserver. On en offre au visiteur de passage, à l’hôte qu’on veut honorer. Le sucre est digéré rapidement et procure un effet calmant, euphorisant. Il se prête au grignotage.
C’est un aliment de confort.

Le sel est nécessaire à la vie. Avec le pain, il symbolise la convivialité : offrir le pain et le sel.
On dit aussi qu’on ne connaît pas un ami tant qu’on n’a pas mangé avec lui une livre de sel, autrement dit de nombreux repas.

Le sel jouait naguère un grand rôle comme conservateur des viandes et des poissons en particulier. Détrôné par des procédés plus modernes, il a indiscutablement perdu de son importance dans notre économie alimentaire, tout en gardant sa valeur d’apport nécessaire à la préparation des mets.

Les gâteaux méritent une place à part. Non seulement ils réunissent le sucre, la farine, les oeufs, le beurre ou une autre matière grasse, mais ils exigent, de plus, tout un travail de confection : la pâte, la cuisson, la présentation.
Cet apport de travail est fourni en pensant au plaisir de ceux qui les dégusteront.

Plus qu’un autre aliment, le gâteau est l’expression d’un désir de faire plaisir, une contribution à la satisfaction des convives.
Les gâteaux industriels peuvent atténuer ce symbolisme affectif, ils y participent encore pour une part.

Nous ne nous attarderons pas sur le symbolisme de l’eau. Très riche, il déborde largement le cadre des aliments. L’eau, c’est l’élément originel d’où surgit la vie : fécondité, fertilité, jaillissement, symbolisme puissant où la mère se devine avec le thème de la naissance. On pourrait explorer des ramifications issues de ce tronc initial, mais ce serait nous éloigner de notre sujet, aussi les laisserons-nous de côté.

Tout cet héritage culturel influence nos modes d’expression, notre langage, nos choix. Il ne va cependant pas jusqu’à déterminer nos comportements alimentaires du moins en ce qu’ils ont d’essentiel, comme dans les cas de boulimie ou d’anorexie. Dans ces cas, il faut remonter à un symbolisme plus personnel, qui trouve son origine dans les premiers stades de la vie de chaque sujet. La psychanalyse nous donne la clé de quelques-uns de ces symboles, à travers une histoire commune à tous.

Il faut se garder toutefois d’en faire une application stéréotypée, car si les situations sont identiques, elles sont vécues différemment par chacun.

oui je veux guérir de la boulimie