La boulimie comme calmant…

Le réflexe qui conduit à manger lorsqu’on est énervé, angoissé est l’analogue de celui qui fait qu’on mâchonne son porte-plume ou qu’on tortille son mouchoir, geste machinal qu’on répète sans y penser. C’est la boulimie des anxieux, des hyperémotifs.

Le premier objectif est de calmer l’hyperémotivité. Pour ce faire, le médecin peut prescrire une ou Pfdikurs médications sédatives, en même temps qu’il est recommandé de supprimer les excitants tels que thé ou café.

L’exercice physique sans compétition, tout particulièrement la marche, constitue un excellent moyen de détente nerveuse.

La relaxation serait, en principe, à recommander, mais ces sujets instables, impatients, l’acceptent quelquefois difficilement. Ils n’ont pas la discipline nécessaire pour répéter quotidiennement leurs exercices. Le yoga qui rentre dans cette même visée de contrôle émotif et de prise de conscience du corps est souvent plus attractif, et surtout pour les femmes la danse et les cours d’expression corporelle.

La psychothérapie constitue le seul traitement de fond, car l’émotivité naît toujours d’une réaction vis-à-vis de l’autre et d’une mise en question de soi-même. En apprenant à mieux se connaître, à discerner les mécanismes qui créent l’anxiété, on apprend à mieux en contrôler les manifestations.

Les prescriptions diététiques peuvent être détaillées et contraignantes : d’une manière générale elles seront adoptées et suivies avec enthousiasme pendant quelques semaines, mais risquent d’être abnadonnées à plus ou moins brève échéance.

C’est en effet une des difficultés majeures du traitement de ces boulimiques anxieux : ils sont instables, capricieux, versatiles. Leurs motivations sont affectives, émotionnelles, par conséquent fugitives, beaucoup plus que logiques et raisonnées.

La nouveautés les attirent-, ils attendent unrésultatrapide. La relation avec le médecin ou le thérapeute est capitale pour un bon démarrage, mais peu à peu la lassitude s’installe, ils relâchent leur effort. Ils changent de médecin, ou de méthode, toujours en quête soit d’un docteur Miracle, soit d’une écoute nouvelle, d’une relance de leur espoir. Comme le disait une femme qui avait suivi de nombreuses cures : « la première réussit toujours », puis on recommence à manger, car on cesse de se contraindre, les cures suivantes réussissent de moins en moins bien. En fait parce qu’on y croit de moins en moins et qu’on y met donc de moins en moins de zèle. Cette personne n’avait jamais suivi de psychothérapie qui, dans son cas, ne semblait pas justifiée, c’était peut-être ce qui avait manqué pour stabiliser les résultats. L’objectivité nous oblige toutefois à reconnaître que la psychothérapie elle-même est parfois sans prise sur ces sujets qui se dérobent et décrochent si volontiers.

Parfois les causes de stress tiennent moins à l’hyperémotivité du boulimique qu’à des conditions de vie. Il en est ainsi dans certains métiers qui demandent une attention, une disponibilité constantes, tout en limitant les possibilités de détente et d’activité physique. La boulimie prend alors la forme de grignotage, bonbons ou biscuits qu’on avale un par un sans cesser pour autant de travailler.

Certaines professions sont plus que d’autres favorables à ce comportera t fie grignotage : infirmières, documentalistes, métiers de bureau, ou les femmes au foyer, obligées de s’activer à proximité des aliments disponibles, parfois en préparant le repas.

Ces boulimies par grignotage sont moins culpabilisantes que les grandes crises d’empiffrement.

Souvent, c’est le surpoids et les modifications de la silhouette qui tirent la sonnette d’alarme, et encore, avec un délai, une période de latence où la boulimique se contente de vagues bonnes résolutions et espère que tout va s’arranger aux moindres frais.

Pour ce type de comportement, un travail psychologique en profondeur n’est ni toujours nécessaire, ni surtout souhaité.

Ce qu’il faut proposer, pour aider à se maintenir dans le cadre d’une diététique appropriée, c’est plutôt une série de recettes, de trucs faciles à mettre en œuvre.

Sans remplacer la volonté personnelle, ils la renforcent et viennent l’étayer. Ce sont par exemple des exercices de respiration, des postures de relaxation, certains mouvements de gymnastique qu’on peut effectuer sur place.

On peut aussi remplacer les sucreries par un verre d’eau minérale, ou un quartier de pomme et noter qu’il vaut mieux s’accorder un vrai petit repas à heure fixe, en prenant le temps de s’arrêter cinq ou dix minutes pour manger un yaourt maigre et une pomme, un biscuit non sucré. Ce petit repas programmé sera moins nocif que le grignotage permanent sans limitation dans le temps.

Manger par agressivité

Parce qu’on est colère, et qu’il faut bien la passer sur quelque chose, à défaut de pouvoir la défouler sur quelqu’un. Les aliments dans lesquels on peut mordre, qu’on peut broyer, triturer, engloutir, permettent de défouler une bonne part d’agressivité.

De l’agressivité, le boulimique en a généralement beaucoup, mais ignorée, car il ne l’utilise que très peu

dans sa vie de relation. Plutôt passif, cherchant la sécurité plus que le combat, disposé à céder plus qu’à opposer, visant à se concilier l’entourage, car il ne se sent déjà que trop exclu, mis à l’écart, il stocke d’énormes charges d’agressivité refoulée qui peuvent trouver issue aussi bien dans la boulimie elle-même que dans l’irritatbilité, les critiques acerbes, la mauvaise humeur.

Utiliser une partie de l’agressivité sous forme de sport, d’effort physique de compétition constitue un premier objectif, relativement facile à atteindre. Plus malaisée sera la mise en oeuvre de l’agressivité sous forme d’affirmation, d’opposition, de lutte efficace, en vue d’un but.

Ce ne peut être que l’aboutissement d’un apprentissage persévérant.

oui je veux guérir de la boulimie