Définir la boulimie

Qu’est-ce que la boulimie ?

C’est un besoin impérieux, tyrannique, de manger, d’avaler de la nourriture, même sans faim, même sans plaisir, jusqu’à la satiété et même au-delà, jusqu’à l’écoeurement avec, après coup ou même pendant, un sentiment de culpabilité.
Il faut donc, pour parler de boulimie, retrouver cet état de besoin, de manque, qui pousse le sujet boulimique à manger n’importe quoi, n’importe quand.

Cette impulsion se déclenche brusquement, comme une crise, on a parlé, à ce propos, de « toxicomanie sans drogue » pour évoquer l’impuissance du malade à résister à cette impulsion qu’il voudrait surmonter.
Une fois amorcée, la crise a tendance à se poursuivre, tant qu’il y a quelque chose à manger, jusqu’à ce que le sujet n’en puisse plus.

Cela distingue la boulimie de la simple fringale, expression d’une faim réelle et des modifications qu’elle entraîne dans l’organisme.

La prise de nourriture ne calme pas le boulimique ; au contraire, il semble que le fait de commencer à manger ne fasse que l’inciter à poursuivre avec une avidité de plus en plus grande.
On ne peut non plus l’assimiler à la simple gourmandise, puisque le boulimique avale n’importe quoi, c’est-à-dire tout ce qui lui tombe sous la main.

Si c’est bon tant mieux, si c’est mauvais tant pis. La boulimie n’est pas non plus l’attitude du gros mangeur, amateur de gueuletons et autres festins, de nourritures abondantes et succulentes. Ce dernier mange avec plaisir, ce qui lui est agréable.

Il partage volontiers cette satisfaction dans une convivialité sans remords et sans complexe.
Il est fier de ses aptitudes gastronomiques, il discute à perte de vue sur les mérites comparés de telle ou telle recette, de tel ou tel restaurant, il connaît et respecte les « toques » et les grands de la cuisine.

Il ne commence à être malheureux que lorsque son médecin, relayé ou alerté par l’entourage, essaye d’imposer des limites trop contraignantes à son culte de la bonne et grande « bouffe ».

Tout à l’opposé, le boulimique mange seul et en cachette. La prise de nourriture se fait à la dérobée et elle est précédée, accompagnée, suivie d’un sentiment de honte et de culpabilité, souvent aussi de fureur contre soi-même et d’une impression d’autodestruction rageuse et pas du tout de l’euphorie normalement consécutive au rassasiement.

La boulimique mange souvent modérément et même peu à table, lors des repas pris en commun, mais elle prend sa revanche lorsqu’elle est seule, triste ou angoissée.

oui je veux guérir de la boulimie