Connaître les causes de la boulimie est inutile !

Répondre à ces questions, connaître les explications… Je m’y suis tellement efforcée et j’y ai laissé tant d’énergie pendant toutes ces années. J’ai perdu de longues heures pour rien ! Je vais donc vous éviter de perdre  toutes ces heures en vous conseillant de ne pas vous engager dans ces chemins qui se terminent en cul de sac et qui ne vous procureront au bout du compte que des désillusions.

C’est vrai que cela peut être rassurant de connaître les raisons mais cela n’est d’aucune utilité pour soigner votre boulimie. S’attarder sur toutes les causes et sur les faits qui font grimper les probabilités va seulement vous faire peur et vous angoisser. C’est d’autant plus inutile que le remède est identique pour tout le monde. Le remède via le procédé que je mets à votre disposition localise le point de départ de votre souffrance dans le cerveau sans prendre en compte le récit de votre existence ou la façon dont votre boulimie est apparue. La résolution du problème n’est pas compliquée puisque elle se concentre sur l’essentiel sans vous embrouiller avec la terminologie scientifique qui donne mal à la tête et qui se révèle inutile au bout du compte.

Voici ce que Marie m’a écrit :

Suite à mon premier accouchement, j’ai voulu arrêter le travail pour m’occuper de mon bébé. Je n’aurai jamais pu imaginer m’embêter comme cela en restant chez moi. Pour tromper l’ennui, j’ai commencé par me faire des petits encas, qui sont devenus de plus en plus importants et de plus en plus fréquents. Pour ne pas prendre de poids, j’ai commencé à me forcer à vomir. J’avais beau être tout le temps avec mon enfant, je ne voyais pas les heures en finir, c’était long. Je m’enfilais plusieurs desserts les uns après les autres, puis je les vomissais. J’ai gardé tout ça pour moi, je ne voulais pas que mon mari l’apprenne. Je culpabilisais vraiment de gâcher tous ces aliments. Aujourd’hui, j’en suis toujours au même point : tout le monde ignore mon état puisque je n’ai pas pris un gramme. Je me dis que je vais devoir vivre avec ça jusqu’à mes vieux jours. J’ai peur que cette maladie ait une cause génétique et que mon enfant en souffre aussi lorsqu’il sera plus grand …

Revenons en détails sur le processus de boulimie chez une personne que nous appellerons Anne pour faciliter le récit.

Anne est boulimique depuis plusieurs années. Pendant une crise, elle n’a plus qu’une seule idée en tête : avaler le plus de nourriture possible, autant qu’elle peut.

Dès que la crise est terminée, Anne culpabilise beaucoup. Elle est alors envahit par des idées très négatives qui lui donne une mauvaise image d’elle-même, elle se sent humiliée et ridicule et ces phrases tournent en boucle dans sa tête : « Je suis pire qu’une bête … je suis répugnante, je n’ai aucune volonté, je me dégoûte … je me déteste. Je suis énorme et je ne serais jamais séduisante. Je ne suis bonne à rien et je ne m’en sortirai jamais … »

Au bout de quelques heures, Anne veut affronter tout ça. Du coup, elle se plonge avec assiduité dans la lecture d’une revue qui détaille un tout nouveau régime.  Elle se rappelle d’une diète qu’elle avait suivie il y a peu de temps et qui semblait fonctionner. Anne se sent mieux car elle pense qu’elle a repris les choses en main. Cette fois c’est certain, elle va enfin avoir la silhouette de  ses rêves et c’est remplie d’espérance qu’elle envisage l’avenir. Elle suit alors son régime de manière très stricte, sans déroger à toutes les restrictions imposées. Elle se retrouve avec un régime qui ressemble à s’y méprendre à celui d’une anorexique.

En très peu de temps, Anne passe par deux états radicalement opposés. De la crise de boulimie après laquelle elle était dévastée par la honte aux résolutions de diète, Anne est passé d’une mauvaise image d’elle-même à une volonté de maîtrise pleine de joie et d’excitation en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Au moment où elle décide de se remettre au régime, voici les idées qui lui tournent dans la tête : «  J’en suis capable … Cette fois-ci, c’est la bonne, je vais enfin avoir la silhouette que je souhaite, je vais enfin en finir avec mon trouble alimentaire, je vais y arriver… »

Viens alors le temps des épreuves au cours desquelles Anne s’inflige son régime restrictif, elle le suit à la lettre. Elle s’en sort plutôt bien pendant un moment puis elle cède car la perte de poids n’est pas assez rapide et ça la décourage de subir tout cela pour des effets si insignifiants. Elle réalise que le dénouement qu’elle attend si fort n’arrivera certainement jamais. La joie et l’excitation retombent … Et des idées négatives se bousculent dans l’esprit d’Anne : « c’est trop difficile, je ne vois pas comment je peux y arriver … Rien ne fonctionne, j’en ai assez, qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça, c’est injuste … »

Après cette période d’épreuves suivie d’une profonde désillusion, Anne en a assez, la coupe est pleine et tout cela lui devient indifférent : « C’est bon, j’en ai plus rien à foutre ! Je veux juste être bien et satisfaire mes envies quand j’en ai envie, c’est le principal et y’a que ça qui compte. » Dès lors Anne laisse tout tomber, tout lui est égal et elle se jette sur le contenu des placards et du réfrigérateur pour satisfaire ses envies de nourriture.

Voilà la suite d’événements qui se répète inlassablement dans la vie d’Anne. Elle balance en permanence entre ces deux excès. D’un côté il y a les régimes restrictifs qu’il faut respecter au gramme près et de l’autre il y a la rébellion qui s’organise contre l’abstinence et la rudesse qu’elle s’est imposée lors de ces diètes trop sévères.

L’extrême n’est équilibré que par un autre extrême : les crises de boulimie sont équilibrées par des diètes draconiennes et des privations alimentaires excessives, et inversement ces régimes spartiates ne peuvent être équilibrés que par la satisfaction de toutes les pulsions alimentaires en guise de réconfort.

Le souci d’Anne est de parvenir à s’extirper de ce processus qui s’auto entretient, la renvoyant sans cesse d’un extrême à l’autre.

C’est de cette manière que la boulimie prend le contrôle de la vie des personnes qui en souffrent : plus le temps passe et plus la place de la boulimie se renforce.

Je développe toutes ces étapes avec précision dans un livre que j’ai écris. J’y explique les plus récents progrès de la science dans le domaine de la boulimie mais aussi la complexité à y mettre un terme sans être aidé. En effet, la boulimie est une perturbation physiologique qui déséquilibre le corps et il ne suffit pas de vouloir s’en sortir pour y parvenir.

oui je veux guérir de la boulimie